Entretien avec Floriane Demont, directrice du GIAP
Dès la rentrée scolaire 2025, le Groupement intercommunal pour l’animation parascolaire (GIAP) a mis en oeuvre une importante réforme organisationnelle. Décidée par les 40 communes genevoises membres du GIAP, cette réforme vise à adapter le dispositif parascolaire à l’augmentation des enfants inscrits. À travers cette réforme, les communes genevoises cherchent ainsi à garantir la pérennité d’un service public largement utilisé, tout en adaptant son organisation et son financement aux défis des prochaines années
Quels défis le GIAP doit il relever ?
Le GIAP fait face à une réalité devenue incontournable : l’augmentation du nombre d’enfants accueillis au service parascolaire. Aujourd’hui, près de 30’000 enfants fréquentent nos prestations du GIAP, soit environ 80 % des élèves de l’enseignement primaire public genevois. Genève est par ailleurs le seul canton suisse à garantir une place d’accueil parascolaire à tout enfant inscrit. Dans les prochaines années, ce nombre pourrait atteindre 40’000 enfants.
Face à cette croissance, les communes membres du GIAP, le Comité et la direction ont estimé qu’il était nécessaire de faire évoluer une organisation conçue il y a 30 ans, alors que les effectifs d’enfants étaient cinq fois moins importants. Cette organisation ne permettait plus de répondre durablement aux exigences de qualité, de sécurité et d’accompagnement attendues par les familles.
Vous avez annoncé une réforme sur trois ans, en quoi consiste-t-elle ?
La réforme prévoit un ensemble de mesures qui seront déployées progressivement entre 2025 et 2028. L’objectif principal est de renforcer la qualité de l’accueil proposé aux enfants et le lien avec les familles sur le terrain.
Cela passera notamment par un investissement accru dans la formation du personnel parascolaire tout au long de sa carrière. Nous renforçons la présence des responsables de secteur sur le terrain et accordons davantage de temps aux équipes pour développer leurs projets pédagogiques.
Nous avons renforcé les postes de responsables région (8 postes en tout) et de secteur (passant de 30 à 60) pour mieux accompagner les situations particulières, renforcer les liens avec les familles et faciliter la collaboration avec nos partenaires du réseau scolaire et communal.
Nous avons également pris le parti de changer fondamentalement l’organisation du GIAP, autrefois plus verticale, en tablant sur du « management de proximité » : nous avons décentralisé certains processus administratifs et développé les ressources consacrées au soutien du personnel terrain pour améliorer ses compétences et ses conditions de travail.
Comment ces changements ont-ils été perçu auprès des animatrices et animateurs ?
Les retours sont encourageants : nos équipes apprécient le fonctionnement régional, car il permet de mettre sur pied des projets éducatifs ainsi que des séances inter secteurs. Ce fonctionnement apporte également une réponse plus rapide aux dynamiques complexes. Ce sont autant de solutions, plus agiles, qui améliorent le climat de travail au sein des équipes.
Quel est votre bilan de cette première année ?
L’année du premier bilan n’est pas encore achevée, mais je peux déjà relever que nous avons engagé les 860 personnes nécessaires pour nos équipes du terrain ainsi que les 500 remplaçants et remplaçantes dont nous avons besoin pour pallier les absences lors des pics hivernaux.
Grâce à ces renforcements, nous pouvons offrir aux enfants un cadre sécurisant et de qualité.
